Le ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibassa Maliba, a procédé, ce mercredi 1er juillet à Kinshasa, au lancement officiel du Groupe Inter-bailleurs du Digital (GID), un nouveau cadre permanent de concertation destiné à coordonner les interventions des partenaires techniques et financiers engagés dans la transformation numérique de la République démocratique du Congo.
La cérémonie, organisée au Pullman Hôtel, a réuni les responsables des principales institutions du secteur numérique, les partenaires au développement, les représentants du secteur privé ainsi que plusieurs acteurs de l’écosystème digital.
Dans son allocution, le ministre a présenté le GID comme un instrument stratégique visant à harmoniser les investissements et à renforcer l’efficacité de la coopération autour des priorités nationales en matière de numérique.
« Le GID n’est pas un cadre institutionnel de plus. Il fédère et rationalise, autour d’une même table, les espaces de dialogue existants. Il est, avant tout, un instrument stratégique au service du leadership de l’État », a-t-il déclaré.
Le ministre a rappelé que la transformation numérique constitue un levier majeur de croissance économique, de modernisation de l’administration publique, de création d’emplois et d’inclusion sociale. Il a souligné que cette ambition s’inscrit dans la vision « DRC Digital Nation 2030 », portée par le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et mise en œuvre par le Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Augustin Kibassa a également insisté sur les avancées réalisées depuis l’adoption du Code du Numérique en 2023, qui a permis à la RDC de se doter d’un cadre juridique et institutionnel destiné à encadrer le développement des infrastructures, des services numériques, de la cybersécurité et de la protection des données.
Selon lui, les besoins de financement pour concrétiser cette vision sont estimés à au moins un milliard de dollars américains. À ce titre, il a salué l’accord de financement conclu entre la RDC, la Banque mondiale et l’Agence française de développement (AFD), mobilisant une enveloppe globale de 510 millions de dollars américains, dont 400 millions de dollars de la Banque mondiale et 100 millions d’euros de l’AFD.
Toutefois, le ministre a estimé que la multiplication des initiatives sans coordination pourrait réduire leur efficacité, d’où la nécessité de mettre en place le Groupe Inter-bailleurs du Digital afin d’assurer l’alignement des interventions sur les priorités du Gouvernement.
Le GID réunira les institutions publiques, les partenaires techniques et financiers, le secteur privé ainsi que l’ensemble des parties prenantes du numérique. Il fonctionnera à travers un secrétariat technique logé au ministère de l’Économie numérique et plusieurs groupes thématiques consacrés notamment aux infrastructures numériques, à la cybersécurité, à l’administration en ligne, aux compétences numériques, à l’innovation et au financement des startups.
Au cours de son intervention, Augustin Kibassa est également revenu sur les principaux défis auxquels fait face le pays, notamment l’accès limité aux smartphones, les disparités dans la couverture internet, le déficit en compétences numériques et les difficultés d’accès à l’électricité dans plusieurs régions.
Il a néanmoins estimé que ces contraintes représentent autant d’opportunités d’investissement et d’innovation, rappelant que les réformes engagées pourraient permettre à près de 10 millions de Congolais d’accéder à l’internet mobile dans les prochaines années.
Le ministre a par ailleurs mis en avant les réformes déjà engagées par le Gouvernement, notamment le déploiement du RDC-Pass, présenté comme l’identifiant numérique unique permettant un accès sécurisé aux services publics numériques, tout en précisant qu’il ne constitue pas un document d’identité.
En clôturant son discours, Augustin Kibassa a lancé un appel aux partenaires techniques et financiers, aux investisseurs, aux entreprises, aux universités, aux startups et à la société civile à rejoindre cette nouvelle plateforme de coordination afin d’accélérer la transformation numérique du pays.
« En unissant nos efforts, en coordonnant nos interventions et en partageant nos expertises, nous bâtirons un écosystème numérique performant, inclusif et durable, au bénéfice de toute notre population », a-t-il conclu.
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