Le Directeur de cabinet du ministère de l’Économie numérique, M. Séraphin Umba Kapepe, a représenté le ministre de l’Économie Numérique, Augustin Kibassa Maliba, à la deuxième édition de la « Nuit du Numérique ». Organisé par le Think Tank Law and Technologies, ce jeudi 21 mai 2026, au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa, l’événement s’est penché sur une problématique brûlante et cruciale pour l’avenir de l’identité culturelle du pays : « Création artistique et intelligence artificielle : menace ou opportunité pour la culture congolaise ? »
M. Séraphin Umba Kapepe a, au nom du ministre empêché, porté la voix du gouvernement devant un parterre de diplomates, de juristes, d’experts sectoriels et d’acteurs culturels.
Dans son allocution, il a d’emblée balayé deux attitudes jugées dangereuses face à la montée en puissance de l’intelligence artificielle (IA) dans les studios et les ateliers de création : la peur paralysante qui rejette l’innovation, et la fascination naïve qui abandonnerait le patrimoine congolais aux seuls algorithmes.
« Le chemin que nous devons construire pour la République démocratique du Congo est une troisième voie : celle d’une appropriation souveraine, responsable et culturellement enracinée de l’intelligence artificielle », a déclaré M. Séraphin Umba Kapepe au nom du ministre.
Cette stratégie nationale repose sur un triptyque clair : le droit pour protéger, la culture pour préserver l’identité, et l’économie pour transformer l’innovation en valeur, afin que l’IA ne parle pas de la RDC sans parler congolais.
Le discours a mis en exergue un défi majeur de souveraineté culturelle. L’IA étant entraînée sur des modèles et des langues venus d’ailleurs, la RDC doit impérativement structurer et numériser ses propres données, ses archives et ses langues nationales.
Et cela, afin d’éviter le risque que la machine finisse par reproduire des formes artistiques congolaises tout en en perdant totalement l’âme.
Le gouvernement, sous l’impulsion de la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi et des orientations de la Première ministre Judith Suminwa, entend faire du numérique un levier de rayonnement national.
Pour cela, le ministère de l’Économie numérique s’engage à travailler sur l’évolution du cadre juridique, en complément du Code du numérique, afin de garantir la traçabilité des œuvres, le consentement des artistes et leur juste rémunération face aux systèmes d’IA générative.
Quatre priorités pour l’horizon « DRC Digital Nation 2030 »
Pour clore cette ouverture solennelle, le message du ministre, lu par son directeur de cabinet, a tracé la feuille de route des échanges de la soirée, déclinée en quatre priorités stratégiques :
1. La protection stricte des droits des créateurs face aux entraînements des modèles d’IA ;
2. La valorisation numérique active du patrimoine culturel national (cinéma, rumba, arts plastiques) ;
3. La formation des artistes et des professionnels de la culture aux outils technologiques ;
4. La structuration de véritables industries culturelles génératrices d’emplois.
S’adressant directement aux créateurs, le représentant du ministre a rappelé qu’aucun algorithme ne possède la mémoire du fleuve Congo ni la profondeur de son histoire.
« Ne craignez pas la technologie. Maîtrisez-la. Ne laissez pas l’intelligence artificielle parler à votre place. Apprenez à lui faire porter votre voix », a conclu M. Séraphin Umba Kapepe, avant de déclarer officiellement ouverte cette deuxième édition, pleine de promesses pour le génie congolais.
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